Comment définir ce qui doit être dans la société française une éducation à l'esprit de Défense ?
Est-il toujours d'actualité ?
C'est une notion qui a évolué. Pendant longtemps l'esprit de Défense recouvrait le sentiment patriotique qui lui-même renvoyait au sentiment national. L'esprit de Défense, dans une démocratie, ne peut se résumer à la seule acceptation d'une politique de défense votée par le Parlement.
L'esprit de Défense n'existe pas spontanément, il est partie intégrante d'une éducation à la citoyenneté. L'enseignement de défense est une éducation sur les valeurs à transmettre. Il doit mettre en évidence la conscience de l'appartenance à une communauté de solidarité et de destin. et faire surgir une culture de défense et de sécurité.
Dans les documents d'accompagnement des programmes, il est indiqué que "le devoir de défense exige que l'école soit partie prenante d'une réflexion critique sur les moyens de préserver les valeurs, sur la sécurité collective des citoyens, sur le devoir d'ingérence... sur les engagements humanitaires..."
Les enseignants doivent donc actuellement traiter ces questions de Défense qui, pour la plupart d'entre eux, restaient jusqu'alors des notions floues. Nombreux sont ceux qui associent l'idée de Défense à la notion trop restrictive du rôle de l'armée. Cette dernière joue certes un rôle prépondérant dans la Défense nationale mais il n'est pas omnipotent. La défense repose désormais sur la formation de l'esprit civique, sur la solidarité et la cohésion sociale qui concernent l'ensemble des citoyens et relèvent de leur éducation dès l'école.
Bien avant la suspension du service national, le ministère de l'éducation nationale et le ministère de la défense se sont rapprochés en signant des protocoles. Ils ont pour but, entre autres, de favoriser une meilleure connaissance mutuelle entre les communautés militaires et enseignantes mais aussi qu'une meilleure réflexion sur la défense soit mieux assurée dans les classes.
L'une des dispositions des protocoles prévoit qu'une formation à l'esprit de défense sera donnée aux personnels de l'Éducation nationale en formation initiale et en formation continue. L'esprit de défense est en effet inséparable de l'éducation civique du citoyen et en 1988 en application du protocole est créée l'organisation des trinômes académiques.
http://www.ihedn.fr/enseignements/trino.php
Constitués par les représentants des autorités militaires, des associations régionales de l'Institut des hautes études de la défense nationale (l'I.H.E.D.N.)
http://www.ihedn.fr/associations.php et les délégués académiques de défense, les trinômes sont placés sous l'autorité des recteurs.
Ils ont pour charge de dispenser à l'ensemble des responsables du système éducatif, mais essentiellement aux professeurs, un enseignement de Défense sous forme de conférences, séminaires, débats et visites d'installations de Défense. La convention signée en 2004 prévoit des financements pour développer l'action des trinômes.
Le premier protocole, signé le 23 septembre 1982 entre M. Savary, ministre de l'Éducation nationale et M. Hernu, ministre de la Défense, donnait l'esprit de la collaboration qui devait s'instaurer entre les deux ministères partant du principe suivant:«l'éducation est un acte global qui n'est pas réductible aux activités scolaires, l'esprit de défense est une attitude civique qui n'est pas limitée aux activités militaires.»
Les mesures suivantes ont été convenues :
1. Établissement de relations régulières (création d'une Commission Défense Éducation nationale, développement des rencontres au niveau local¿)
2. Meilleure information des élèves et des militaires du contingent
3. Développement d'actions et de programmes: comment concourir au développement de l'esprit de défense dans les activités éducatives par exemple.
Le second protocole signé le 25 janvier 1989 entre M. Jospin, ministre de l'Éducation nationale et M. Chevènement, ministre de la Défense, s'inscrivait dans le même esprit, le renforçait et proposait comme principe:«l'école et la défense ont un même objectif : La Liberté.
Les mesures suivantes ont été convenues :
1. Information sur le service national et les carrières militaires
2. Formation dans le contingent (lutte contre l'illettrisme, instruction civique, apprentissage des langues vivantes).
3. Les jeunes appelés compétents ont la possibilité d'effectuer leur service national dans des tâches d'enseignement.
4. Formation des enseignants aux questions de défense
5. Développement des enseignements de défense dans le supérieur.
6. Activités physiques et sportives.
7. Modalités d'action: création d'une commission «éducation nationale-défense» et renforcement des trinômes académiques. (modalités prévues déjà en 1982).
Le troisième protocole signé le 11 avril 1995 entre M. Bayrou, ministre de l'Éducation nationale et M. Léotard, ministre de la Défense, proposait dans le même esprit de« faire travailler, davantage, ensemble, l'école et l'armée». Il s'appuyait sur le rapprochement réalisé depuis treize années entre les deux ministères.
Trois axes ont été retenus : l'esprit de défense dans les programmes, la sensibilisation et la formation du monde enseignant, la coopération des deux institutions à travers les échanges de savoir-faire.
1. Organisation renforcée au niveau national : rôle accru de la commission nationale Défense-Éducation nationale.
2. Renforcement de l'organisation académique : officialiser et renforcer le rôle des trinômes.
3. Formation à l'esprit de défense, fondée sur les valeurs de la République. Elle a comme finalité première la formation civique des élèves. L'esprit de défense apparaît dans toutes les disciplines, la formation à l'esprit de défense concerne tous les professeurs, les formateurs des instituts universitaires de formation des maîtres (I.U.F.M.) et les personnels d'encadrement.
4. Développement du partenariat entre les deux ministères dans les domaines de la santé, de la lutte contre l'illettrisme, de l'apprentissage des langues et de la validation des acquis professionnels.
Le quatrième protocole signé le 31 janvier 2007, se décline autour de 3 axes majeurs :
Par circulaire conjointe la direction de la mémoire du patrimoine et des archives et la Direction générale de l'enseignement scolaire (D.G.E.S.C.O) ont souhaité intensifier leur coopération afin de développer et de soutenir des projets éducatifs centrés sur la mémoire des conflits contemporains et destinés à contribuer à l'éveil de la conscience citoyenne. La D.M.P.A. propose de soutenir financièrement un certain nombre de projets pédagogiques liés aux conflits contemporains, sans exclure le patrimoine antérieur au XXè siècle. Ce patrimoine constitue bien souvent un lien entre l'héritage du passé lointain et le vécu récent et contribue également à développer le lien entre la Nation et les armées.
Une convention cadre signée le 23 juillet 2004 entre le ministère de la Défense, le ministère de l'Éducation nationale, l'Institut des hautes études de la défense nationale (I.H.E.D.N.) et l'union des associations de l'I.H.E.D.N. crée une Commission pour la promotion de l' Esprit de Défense, « C.P.E. défense » chargée d'émettre un avis sur les subventions attribuées par le ministère de la défense à l'Union des associations de l' I.H.E.D.N. au titre de l'activité des trinômes académiques. Pour ce faire, elle définit des orientations générales, précise le cadre d'action, fixe les critères d'attribution des subventions, examine la qualité des projets et le bilan des actions conduites.
Mise à jour : avril 2007